[Critique cinéma] The Curse of Chucky (La malédiction de Chucky)
ACTEURS
- Fiona Dourif
- Danielle Bisutti
- Maitland McConnell
- A Martinez
- Brennan Elliott
- Chantal Quesnelle
- Brad Dourif (voix)
RÉALISATEUR
DISTRIBUTEUR
Sortie en DVD et Blu-ray
Durée
Synopsis
Lorsqu'un paquet mystérieux arrive à la maison de Nica, elle n'y pense pas trop. Par contre, après la mort mystérieuse de sa mère, Nica commence à soupçonner que la poupée parlante avec laquelle sa nièce en visite joue pourrait être la clé des meurtres et du chaos à venir. Le retour du jouet préféré de l'Amérique, toujours avec la voix de Brad Dourif, est non-coté et rempli d'encore plus d'éclaboussures de sang et de frissons.
Critique
Chucky, revu et amélioré
« Pas encore! » Ça a été ma première réaction à l’annonce du sixième (sixième!) opus de la franchise Chucky. Comme plusieurs, le premier m’avait fasciné, le deuxième m’avait diverti, le troisième m’avait laissé perplexe, le quatrième m’avait légèrement ennuyé et le cinquième m’avait littéralement insulté. Comment poursuivre une série après un désastre comme Seed of Chucky, mauvaise comédie où on ne fait qu’aligner les blagues faciles sur des poupées qui ont des relations sexuelles et familiales. Plusieurs années plus tard (le temps de digérer je suppose) Don Mancini qui a écrit tous les films et créé les personnages de la série, un exploit considérant Hollywood, nous revient avec une vraie surprise, quelque chose qu’on n’aurait pas cru possible : du renouveau. Une véritable bouffée de fraîcheur sur des films qui commençaient à sentir le mauvais slapstick.
Loin de continuer dans la lignée de la comédie, Mancini, qui a réalisé Seed of Chucky et qui retourne à la réalisation pour Curse of Chucky, décide de revenir à ses premiers amours, l’horreur. Étrangement, le réalisateur a avoué en entrevue que l’esthétique du film était en partie due à des causes budgétaires. Les poupées étant très difficiles et longues à manipuler, le budget du film exigeant un tournage rapide ont obligé l’évocation plutôt que la frontalité, le regard de loin, flou, furtif, au cadrage parfait et le huis clos à la course folle. Même si la dernière caractéristique empêche vraiment de sortir du prévisible massacre au compte goutte, les deux premières renvoient à l’atmosphère incertaine des premiers Child’s Play où la poupée n’étaient, la plupart du temps, qu’une poupée immobile, ou trimbalée, avec un sourire innocent et pourtant si inquiétant. Pourtant, le fameux Chucky du dernier né de la série aura ses minutes de gloire en tant qu’objet inanimé. La direction photo, le cadrage et la lumière ont enfin atteint un niveau de maturité qui nous offre l’atmosphère sombre manquante dans les années 80 et nous offre des plans fixes avec la poupée qui ont beaucoup plus de mérite que les scènes gore pour laisser l’horreur s’insinuer.
Un problème avec Chucky vient cependant justement de cette dichotomie mobile/immobile qui caractérise le personnage. Dans un plan, Chucky nous regarde fixement, on passe à un autre personnage et on revient sur la poupée dont le visage, perceptiblement différent, a déjà l’air plus mobile malgré l’absence de mouvement. Une légère nuance entre inanimé et immobile qui fait la différence entre un corps mort et un corps dormant nous révèle que la poupée va bouger, éliminant tout effet de surprise (sauf quand elle n’est pas de face, ce qui a occasionné quelques cris aiguë dans la salle). Bref, dans Curse of Chucky, la joyeuse poupée Good Guys est beaucoup plus efficace à faire naître une certaine frayeur que le tueur en série complètement maniaque et armé qui vous saute dessus pour vous trancher la gorge. Étrange.
Malgré toutes les flatteries que l’on peut lui faire, Curse of Chucky reste tout de même un slasher très classique, sans révolution et même si le film est parsemé de petits plaisirs référentiels, les grandes surprises en sont absentes. Les codes du genre sont suivis à la lettre, les plus pathétiques et les plus sexistes aussi, malheureusement (même si on les actualise, d’une certaine manière). Certains spectateurs, ayant une relation un peu moins profonde avec la poupée meurtrière s’en trouveront peut-être un peu ennuyé. De l’aveu du réalisateur, les fans ont été écoutés et ce film a été fait en conséquence, j’avoue que je ne m’attendais pas à ce que le public ait si bon goût, mais c’est effectivement un film dont le scénario plaira particulièrement aux nostalgiques des premiers et aux offensés du cinquième.
Quelques notes importantes en terminant sur la présence de l’actrice Fiona Dourif, la fille de Brad Dourif qui est la voix de Chucky depuis le début. Très convaincante dans son rôle, on peut croire que c’est une actrice que l’on verra souvent dans le genre horrifique. Selon Don Mancini, c’est une personne à qui l’on peut croire qu’il arriverait quelque chose de surnaturel. Aussi, les fans de la franchise vont être heureux de retrouver un Chucky qui laisse les blagues infantiles pour son cynisme et son sarcasme d’antan. Même si le personnage est avare de cette partie de lui-même pendant le film (on aurait très bien pris quelques répliques cinglantes de plus) ce genre d’humour noir (mais pas trop) confère au personnage une profondeur qui crée un attachement instantané pour les amateurs du genre. Autre note importante pour les puristes, il faut peut-être rester un peu ouvert d’esprit et ne pas essayer de replacer le film dans une linéarité temporelle en relation avec les autres films, peut-être que tout cela se démêlera un jour, mais pour l’instant on a l’impression de nager dans l’incohérence. Il faut probablement prendre ce que l’on nous offre comme un cadeau et éviter de poser trop de questions sur sa solidité.
Enfin, ce qui a été un visionnement plaisant a aussi été un grand soulagement. Don Mancini à tout à fait réussi ramener sa série d’entre les morts, au point où, quand il a annoncé qu’une éventuelle suite était en réflexion, on pouvait sentir l’espoir et l’enthousiasme parmi les spectateurs et les amoureux de Chucky.
Cette critique a été faite par Michel
Par Sébastien le 2013-08-20