Le studio québécois B Df’rent Games obtient les droits mondiaux Charlie Chaplin

Montréal, le 25 novembre 2022 – Le studio québécois B Df’rent Games devient le licencié mondial exclusif et le développeur à long terme de jeux logiciels axés sur les images, les films, la musique et les archives du légendaire comédien, scénariste et réalisateur Charlie Chaplin. L’accord conclu avec ses héritiers comprend les jeux pour téléphones mobiles, ordinateurs personnels, consoles et ceux destinés aux plateformes numériques.

Presque 45 ans après le décès de Chaplin, sa succession a accepté pour la toute première fois d’accorder de tels droits. Il s’agit d’un signe indéniable de confiance de la famille du cinéaste envers B Df’rent Games. « Je connais les Chaplin depuis une quinzaine d’années et j’ai même été voisin de Geraldine – fille de Charlie – pendant environ 10 ans vécus en Europe, raconte Yves Durand, muséographe et cofondateur de B Df’rent Games. Le lien mutuel d’amitié, de respect et de confiance qui s’est développé au fil du temps a permis cette entente. »

Le dirigeant ajoute que la famille Chaplin ne focalise pas sur l’aspect commercial de produits futurs liés à Chaplin. « Lorsqu’ils prennent une décision d’affaires, ses enfants se demandent toujours si leur père aurait été d’accord. La famille s’attarde davantage à l’héritage moral et sociétal de l’œuvre du père. Or, ce sont des valeurs qui nous sont chères et autour desquelles l’accord a été finalisé après huit mois d’échanges et de négociations. »

Il ne s’agit d’ailleurs pas d’une première collaboration entre les deux parties, car Yves Durand a confondé en avril 2016 le musée Chaplin’s World, situé à Corsier-sur-Vevey, sur le site du manoir de Ban, où Charlie Chaplin et sa grande famille ont vécu de 1952 jusqu’à son décès en 1977.

Un symbole plus actuel que jamais

Pour Yves Durand, tant le personnage de Charlot que les thèmes de ses films sont plus actuels que jamais. « Que ce soit dans The Great Dictator, The Kid, Modern Times, The Immigrant ou The Tramp, Chaplin traitait de sujets encore présents en 2022, comme la dictature, l’immigration, la pauvreté, les guerres, etc. De fait, l’humanité n’a jamais eu autant besoin de l’icône du vagabond Charlot dans la grisaille du moment. Réactualisons son regard sur nous-mêmes pour rire de nos bêtises et de notre impuissance. »

Dans ses productions éventuelles, l’équipe de B Df’rent Games entend ainsi respecter la nature du personnage, qu’elle définit comme un bienveillant subversif. « Si Charlot avait été un citoyen lambda ordinaire, il n’aurait pas été intéressant. S’il est devenu si populaire à l’échelle planétaire, c’est qu’il était le vagabond des vagabonds et qu’il incarnait une sorte de Robin des bois marginal rejeté par les bien-pensants de son époque. Il était à la fois irrévérencieux, mais fort sympathique. Il ne possédait rien, mais voulait tout partager. À sa façon, il a été le tout premier influenceur d’un monde en quête de plus de fraternité, de justice et de solidarité. »

Déclinaisons potentielles nombreuses

De son côté, Robert Young, cofondateur de B Df’rent Games, estime que Chaplin s’inscrit parfaitement dans la mission de divertissement et d’éducation de son studio. « Charlot était et demeure une voix apolitique. Sa stature lui confère une puissance qui permet de livrer des messages dans un contexte de storytelling amusant. À sa manière, nous allons plutôt tenter d’améliorer notre monde. »

L’entrepreneur juge immense le potentiel du personnage pour l’univers du jeu vidéo. « Les gamers vont être fascinés par lui, croit-il. Certes, il est fondamentalement un personnage de cinéma, à l’époque des films muets, en noir et blanc. Toutefois, les déclinaisons sur d’autres plateformes sont très nombreuses afin de le faire connaître à une toute nouvelle génération. De plus, nous allons le moderniser et le doter de certains aspects plus contemporains. »

Yves Durand ne doute pas, lui non plus, de la popularité probable du monument parmi les plus jeunes. « À l’ouverture de Chaplin’s World, des groupes de discussion avaient été organisés auprès d’enfants de moins de 10 ans. La magie a été au rendez-vous : dès qu’ils ont aperçu Charlot, ils l’ont adopté. Chaplin est un peu comme le cirque, car il rassemble tout le monde, des gens les plus modestes aux intellectuels les plus férus, toutes générations confondues. »

Un appel à toute l’industrie

Animée par l’esprit d’ouverture qui caractérisait l’homme et le personnage, et consciente du fort potentiel commercial conséquent à l’obtention de tels droits exclusifs et mondiaux, l’équipe de B Df’rent Games est ouverte à collaborer avec des professionnels du milieu, des studios et d’autres entreprises pour la suite. « Nous voulons que Montréal devienne au jeu vidéo ce que Hollywood est devenue pour le cinéma. Par conséquent, nous affichons notre volonté de partager les savoirs et les possibilités en vue de maximiser les talents autour d’un projet porteur d’un tel développement exponentiel. Quiconque désire s’y associer, peu importe la forme, sera donc bienvenu. »

Alors que le studio travaille déjà à quelques idées et concepts, une première campagne de sociofinancement sur la plateforme Kickstarter est envisagée pour le printemps 2023. Partageant la vision de l’entreprise, le regroupement montréalais Indie Asylum vient par ailleurs d’y investir. « Il est fort révélateur des perspectives d’affaires de notre projet que des experts dotés d’une compréhension et d’une appréciation profondes du travail entourant la création de jeux jugent bon d’y investir », se réjouit Robert Young. Cette collaboration permettra d’autre part à l’organisation de se doter des meilleurs outils, ressources et connaissances.

À la fois fonds d’investissement et accélérateur/incubateur pour les studios indépendants québécois, Indie Asylum aide en effet des studios émergents afin qu’ils puissent rivaliser un jour avec les plus grands noms. L’entité rassemble ainsi une dizaine de studios et réunit environ 150 professionnels de l’industrie du jeu vidéo (développeurs, organisateurs d’événements, spécialistes en marketing, experts en réalité virtuelle et augmentée, etc.). Chacun y met ses forces respectives au service des studios membres.

Il y a un alignement parfait entre les valeurs au cœur de l’œuvre de Chaplin et dans les missions de B Df’rent et d’Indie Asylum : la créativité, l’art et l’humour au service de la création d’un monde meilleur, résume Pascal Nataf, cofondateur d’Indie Asylum. « Investir dans B Df’rent était une évidence et représente un honneur pour nous. Notre mission est de faire vivre des histoires pouvant changer le monde. »

Le spécialiste estime par ailleurs que l’œuvre de Chaplin est fondamentale pour les industries créatives et culturelles. « C’est une fierté de pouvoir y être associé et d’y contribuer, lance-t-il. En plus, cette initiative confirme que Montréal est maintenant le Hollywood du jeu vidéo.  Si Chaplin était vivant, c’est à Montréal qu’il serait venu créer des jeux. »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *